Yves Klein – IKB, « International Klein Blue »

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Yves Klein durant le tournage du film The Heartbeat of France dans l’atelier du photographe Charles Wilp, Düsseldorf, février 1961© Photo Charles Wilp / BPK, Berlin

Yves Klein, plasticien français, est né à Nice le 28 avril 1928, il disparait à 34 ans seulement à Paris le 6 juin 1962. Malgré une carrière artistique courte (1954-1962), il est considéré comme un acteur majeur de l’art contemporain, l’un des plus importants protagonistes de l’avant-garde picturale de l’après-guerre. Il est notamment connu pour son bleu (IKB pour International Klein Blue), qu’il appliqua sur de nombreuses œuvres.

… En 1957, Yves Klein déclare que la terre entière est bleue

En 1956, il entame son époque bleue en mettant au point sa fameuse formule du lumineux bleu outremer (ou bleu ultramarin) qu’il baptise IKB, « International Klein Blue ». En utilisant un pigment outremer mêlé à une résine synthétique nommée Rhodopas Avec  l’aide d’Édouard Adam, un marchand de peinture parisien, il mit au point un nouveau procédé permettant de conserver sa brillance au pigment qui, mélangé à l’huile de lin, avait tendance à se ternir. Cette couleur, variante synthétique du lapis lazuli utilisée pour peindre le ciel et la tunique des Madones du Moyen Âge, allait devenir célèbre sous le nom d’International Klein Blue (« IKB »

L’année suivante, il crée un globe terrestre en Relief « Bleu I.K.B ». et le fait léviter dans l’espace hors de son socle et de son axe pour mieux l’observer.
En avril 1961, l’astronaute Gagarine s’exclame: “Le globe terrestre est d’un Bleu intense et profond !”.

La Terre devint alors dans son œuvre un thème récurrent, déclinée de multiples façons elle fait partie d’une série plus globalement intitulée “Reliefs planétaires”. Sa fascination pour le monochrome, l’immatériel, le vide et la nature s’y exprime pleinement.

Les monochromes ne sont toutefois qu’un aspect de son travail. Dans ses “Peintures de feu”, comme dans les “Cosmogonies” (empreintes de la pluie et du vent), l’artiste convoque les éléments de la nature afin de manifester leur force créatrice. Les “Sculptures-Eponges” sont conçues comme des portraits de visiteurs qui s’imprègnent de la peinture, illustrant l’idée de transmission d’une sensibilité artistique. L’or est également un élément de prédilection pour l’artiste qui l’utilise comme un passage vers l’absolu.

En 1958, L’exposition “La spécialisation de la sensibilité à l’état de matière première en sensibilité picturale stabilisée” à la Galerie Iris Clert (lors de laquelle il vide totalement la galerie parisienne et repeint ses murs en blanc) ainsi que les ventes de “Zones de sensibilité picturale immatérielle” (contre paiement en petits lingots d’or jetés ensuite dans la Seine) ouvrent son art sur l’Immatériel.

En 1959, lors d’une conférence à la Sorbonne, Yves Klein définit également une “Architecture de l’air” et en expose les principes. Il est également l’un des précurseurs du happening avec la réalisation de ses “Anthropométries” en public, le “Saut dans le Vide”, le projet d’illumination de l’Obélisque de la Concorde… Yves Klein épouse le 21 janvier 1962 Rotraut Uecker, une jeune artiste allemande. Il décède quelques mois plus tard à l’âge de 34 ans, et laisse une œuvre intense, audacieuse et infinie qui continue encore d’inspirer les nouvelles générations d’artistes et passionnés de notre époque.

Voir article sur l’édition limitée 2015 La Terre Bleue, Yves Klein by Lalique

Légendes (images d’archives Yves Klein)

  • En entête, Yves Klein durant le tournage du film The Heartbeat of France dans l’atelier du photographe Charles Wilp, Düsseldorf, février 1961 © Photo Charles Wilp / BPK, Berlin
  • Yves Klein, note manuscrite /le Monochrome, il nuovo realismo del colore,
    Milan, Galleria Apollinaire, novembre 1961
  • Yves Klein et le Globe Terrestre Bleu, (RP 5), dans son atelier 14, rue Campagne-Première, Paris © Yves Klein, ADAGP, Paris, 2015 © Photo Gilles Raysse